Sayat Nova, la couleur de la grenade

de Sergueï Paradjanov
Un ciné-concert par Alice Dourlen, Paul Loiseau et Jonathan Seilman
Création septembre 2021!!!

Musique live Alice Dourlen, Paul Loiseau, Jonathan Seilman
Régie son Olivier Ménard
Création lumières et dispositif scénique Yves Godin et Jonathan Seilman
Production Murailles Music
Chargée de diffusion Claire Jeanne – claire.muraillesmusic@gmail.com


Le Film

Sayat-Nova (en arménien Սայաթ-Նովա-Նովա, en persan سایات ‌نووا نووا , en géorgien საიათ-ნოვა-ნოვა) (14 juin 1712 à Tiflis – 22 septembre 1795 à Haghpat), ou le « roi des chansons », est le nom donné au poète arménien Harutyun Sayatyan, ou le nouveau Saâdi.

Le film est un long poème autour de sa vie en huit chapitres :

• I : L’enfance du poète.
• II : La jeunesse du poète.
• III : Le poète à la cour du prince/Prière avant la chasse.
• IV : Le poète se retire au monastère/Le sacrifice/La mort du katholikos.
• V : Le songe du poète/Le poète retourne à son enfance et pleure la mort de ses parents.
• VI : La vieillesse du poète/Il quitte le monastère.
• VII : Rencontre avec l’Ange de la Résurrection/Le poète enterre son amour.
• VIII : La mort du poète/Il meurt mais sa poésie est immortelle.

En ouverture du film, un carton précise les intentions de Paradjanov : « Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat-Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n’avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l’univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : “La poésie arménienne du Moyen Âge est une des éclatantes victoires de l’esprit humain inscrites dans les annales de notre monde.” »


« Dans le temple du cinéma, il y a des images, de la lumière et de la réalité.
Paradjanov était le maître de ce temple »

Jean-Luc Godard.


« Après avoir travaillé il y a quelques temps sur le projet Dionysus in 69, mêlant cinéma, danse et musique autour du film du même nom de De Palma (coproduction : Stereolux, avec le soutien de Nantes-Rennes Métropole et ORO-Loïc Touzé), j’ai aujourd’hui décidé de m’emparer d’un nouvel objet cinématographique, Sayat Nova (en français : La Couleur de la grenade / Tsvet granata), film soviétique réalisé par Sergueï Paradjanov. Distribué une première fois en 1969, le film, censuré, est retiré des écrans puis, à nouveau, diffusé en 1971 dans une version remontée et abrégée par le réalisateur Serguei Youtkevitch, sous le titre La Couleur de la grenade.
Bien qu’étant sans doute le plus célèbre du réalisateur, Sayat Nova est un film à mes yeux d’une beauté hors-norme et finalement trop méconnu du public. Quasi muet, se prêtant tout-à-fait au jeu du ciné-concert et à la réinterprétation musicale (« La peinture est muette, mes films aussi », dit Paradjanov), j’ai ainsi eu pour idée de réunir un trio de musiciens évoluant dans des sphères quelque peu éloignées, mais dont les univers respectifs pourraient tout-à-fait se fondre dans la poésie de ce film surréaliste controversé.

Ainsi, la confrontation/rencontre voulue entre Alice Dourlen, artiste visuelle également connue pour ses expérimentations sonores sous le nom Chicaloyoh, plutôt habituée à l’improvisation et à une musique non-institutionnelle, Paul Loiseau, ayant parcouru l’hexagone depuis 2005 à la tête du trio La Terre Tremble !!!, où au contraire tout était soigneusement millimétré pour donner vie à une sorte de rock transfuge, au choix progressif, folk-rock, électronique, krautrock, ou new wave, et moi-même, sorti d’un parcours sans doute plus conventionnel en école de musique et au conservatoire, compositeur et créateur son pour le théâtre et la danse, sera selon moi d’une richesse sans équivoque.

Avec Sayat Nova, le spectateur découvre déjà une expérience unique, mon souhait ici n’est donc pas de venir combler un manque, mais plutôt de transcender l’oeuvre de Paradjanov. À nous trois, riche d’un instrumentarium varié – claviers, sampling, chant, autoharp, omnichord, percussions, mandoline, guitare, etc – nous travaillerons ainsi à offrir au spectateur une relecture musicale personnelle créé par ce poème visuel proche de l’envoûtement, et ce sera avec amour et délicatesse que nous nous insinuerons dans cette procession de tableaux somptueux.

Bien que le projet ait mûri dans ma tête depuis plus d’un an, il semble aujourd’hui que cela soit une belle manière de revenir dans les salles, avec public assis et en jauge limitée, pour se plonger dans le poème dont nous avons tous besoin.
»

Jonathan Seilman, le 24 septembre 2020


Alice Dourlen

Alice Dourlen débute son projet musical qu’elle nomme Chicaloyoh en 2011. Évoluant suivant le fil de ses envies et de ses désirs, mais délaissant progressivement les territoires folks de ses débuts, elle s’est petit à petit tournée vers des ambiances inspirées de ses voyages et de ses songes, tout en conservant la narration onirique qui est depuis toujours sa marque de fabrique. Minimaliste dans l’espace qu’elle laisse à l’imagination, psychédélique pour les territoires inhabituels vers lesquels elle entraîne l’auditeur, sa musique est un décor étrange pour d’innombrables délires autour de la chair, la folie et la perte de soi.

Enregistrements de bruits de rue, objets métalliques dont les frôlements et les chocs sont amplifiés, sonorités synthétiques projetant hors de la zone de confort, chant abandonné… tels sont les outils utilisés par Chicaloyoh pour vous attirer dans sa rêverie tordue. Ses concerts s’approchent plus d’une performance inclusive, aux limites de la musique, de la littérature et du théâtre.

« De Nico période The Marble Index à Catherine Ribeiro, Brigitte Fontaine, les étalons ne manquent pas pour situer la voix de la Normande Alice Dourlen dans le monde de la musique pop-et-plus-si-affinités. A écouter les disques rituels qu’elle a fait paraître chez Shelter Press et ailleurs, on flaire pourtant que les piliers de son imaginaire n’ont que lontainement à voir avec la musique : plutôt avec l’onirisme vicié des films de Kenneth Anger, l’érotisme terrorisant de Sade, l’esotérisme de carton pâte des maîtres mystificateurs Cagliostro, Aleister Crowley ou Helena Blavatsky » Olivier Lamm, The Drone.

Insatiable et prolifique, Alice Dourlen a sorti en seulement neuf ans une vingtaine de disques parus sur divers labels (dont on retiendra notamment le prestigieux Shelter Press), et a été présenter ses concerts et performances à travers le monde, de l’Europe, au Japon, en passant par les États-Unis.

http://chicaloyoh.bandcamp.com/
http://alicedourlen.wordpress.com/


Paul Loiseau

Né en 1982, Paul Loiseau est un multiinstrumentiste qui depuis 15 ans utilise un dispositif personnel, en particulier via son jeu de percussions, mêlant l’acoustique et l’électronique, utilisant objets détournés, percussions modernes et traditionnelles et autres capteurs et pédales électroniques afin d’obtenir un jeu et un son personnel, à la fois physique, répétitif et abstrait. S’il a quelques temps pratiqué la musique improvisée, c’est avant tout la composition qui l’intéresse. Il s’accompagne également à la guitare et aux synthétiseurs analogiques.

Il fonde en 2005 La Terre Tremble !!!, trio rock expérimental ayant enregistré cinq albums (dont  »Fauxbourdon » et  »Salvage Blues » sur le label Murailles Music) et ayant tourné durant plus de 10 ans en France, Belgique, Hollande et Allemagne. En 2012, il créé avec ce groupe un ciné-concert (coprod. Festival Travelling / Clair-Obscur / Murailles Music) sur plusieurs cartoons des années 30, la série  »Tom & Jerry » des Studios Van Beuren (200 représentations à l’internationale, ainsi que plusieurs ateliers jeune-public sur le rapport musique/image). En parallèle, il joue dans le groupe pop The Patriotic Sunday, dont il assure les arrangements des deux derniers disques (sortis chez Murailles Music). En 2016, il enregistre sous son nom  »This Is Not A Soundtrack », disque solo de relectures de musiques de films des années 60/70 effectuées avec de vieux synthétiseurs analogiques et quelques instruments acoustiques. Depuis 2018, il accompagne aux percussions le compositeur/chanteur/musicien franco-espagnol Borja Flames. En 2019, il intègre (toujours en tant que percussionniste) le spectacle de danse  »À L’Ouest » de la chorégraphe Olivia Grandville (coproduction Le Lieu Unique, Nantes / CDCN, Toulouse…).

En 2020 il a assuré la création musicale et sonore de  »G5 », spectacle de théâtre et arts numériques, mis en scène par Rocio Berenguer (coprod. L’Hexagone, Meylan / 104, Paris / TNG, Lyon…) Il compose aussi des pièces instrumentales et chansons personnelles, notamment pour des spots vidéo (comme récemment pour Le Voyage à Nantes…)

http://paulloiseau1.bandcamp.com/
http://muraillesmusic.bandcamp.com/album/fauxbourdon/